ESCHATOLOGIE BIBLIQUE


Prophétie


Prophéties et archétypes


Les prophéties et les archétypes

révélés dans la Bible

dépassent notre conception du temps ...


Les couleurs de l'Arc-en-ciel

1. Les prophéties

Notre approche du temps est le plus souvent linéaire.

Passé, présent, futur ... hier, aujourd'hui, demain ... avant, pendant, après ...

Il en découle une conception de l'histoire qui ne saurait échapper à ce cadre strict où les évènements se suivent sans que rien ne semble pouvoir transcender ce principe considéré comme scientifique.

La notion de prophétie est alors comprise comme une interprétation plus ou moins fantaisiste des évènements.

On la définit alors comme "ce qui est annoncé par des personnes qui prétendent connaître l'avenir".

On lui donne pour synonymes des termes comme "divination" ou "prédiction" qui assimilent les prophéties au domaine de la magie.

Et puisque ces personnes "prétendent" connaître l'avenir, la suspicion de mensonge va nécessairement les accompagner.

On trouve une telle approche du prophète discrédité lorsque les gardes se moquent de Jésus :

« Les hommes qui Le gardaient se moquaient de Lui en Le frappant.

Ils Lui voilèrent la face et L'interpellaient en disant :

Prophétise, qui est celui qui t'a frappé ? » (Evangile selon Luc 22.63-64)

2. Qu'est-ce qu'une prophétie ?

Le fait de limiter le champ de la prophétie à des anticipations de l'avenir est loin de correspondre au sens initial de ce terme.

Car le mot prophète vient du grec "profétès" qui désignait celui qui interprète la parole divine.

Ainsi le prophète est avant tout un porte-parole inspiré par Dieu, et la Parole de Dieu, telle que nous la concevons avec la Bible, est loin de se limiter à des anticipations du futur, même si cela peut se produire.

La Parole de Dieu est avant tout une succession d'enseignements destinés aux humains, fondés ou non sur une trame historique qui se recoupe rarement avec l'histoire qui nous est présentée dans les manuels scolaires.

La Bible nous présente "l'histoire sainte", c'est-à-dire l'histoire des relations entre Dieu et l'humanité, histoire "sainte" parce que "mise à part", et différente de l'histoire traditionnelle des relations humaines qui négligent le plus souvent l'intervention divine.

De ce fait, nous pourrions qualifier de prophètes tous les rédacteurs des différentes parties de la Bible du fait que ceux-ci sont considérés comme inspirés par Dieu, donc "porte-parole" du Créateur.

En son temps, Jésus fut qualifié de prophète par certains de ses contemporains, non parce qu'Il annonçait des évènements à venir, mais parce que Ses enseignements Lui donnaient la dimension d'un porte-parole de Dieu.

Cette présentation de la fonction de prophète, comme individu s'exprimant au nom de Dieu, donc en dehors des limites temporelles assignées à l'humanité, nous conduit à considérer la prophétie comme un phénomène qui échappe aux lois humaines de l'espace et du temps.

Ainsi, la prophétie, lorsqu'elle annonce des évènements, ne cible pas nécessairement un moment particulier de l'histoire humaine car elle est tout aussi intemporelle que la Parole de Dieu.

« L'herbe sèche, la fleur tombe ; Mais la parole de notre Dieu subsiste éternellement. » (Ésaïe 40.8)

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3. La typologie

Nous devons maintenant expliquer une notion, la "typologie", dont la compréhension est nécessaire à la suite de cette étude.

La "typologie" est une méthode de travail qui consiste à définir ou étudier un ensemble de données similaires constituant un ou plusieurs "types", afin de faciliter l'analyse, la classification et l'étude.

Dans l'étude chrétienne des sources bibliques, la typologie est utilisée pour déterminer notamment quels personnages de l'Ancien Testament ont pu préfigurer ceux du Nouveau Testament.

On parlera ainsi de différents "types" ou "préfigurations" de la personne de Jésus-Christ.

Le plus connu est le personnage de Josué, qui succéda à Moïse pour conduire le peuple israélite, et dont le nom se prononce en grec comme celui de Jésus : Iésoûs.

Les types permettent ainsi d'établir des passerelles entre les textes anciens et les plus récents afin d'identifier dans quelle mesure les évènements relatés dans le Nouveau Testament trouvent leurs racines dans le Premier Testament.

Nous pouvons ainsi parler d'archétypes, la racine grecque "arkhè" désignant le début, le commencement, le principe initial le plus ancien.

4. Les archétypes

La notion d'archétype n'est pas spécifiquement liée à l'étude biblique.

Un archétype est suivant son sens étymologique un modèle général.

Ce terme trouve son utilisation initiale en psychologie analytique, méthode d'analyse développée par le psychiatre suisse Carl Gustav Jung (1875-1961), qui définissait l'archétype comme une tendance humaine à utiliser un même type de représentations reflétant un thème universel qui structure la psyché.

L'archétype serait commun à toutes les cultures mais représenté sous des formes symboliques diverses.

Les archétypes apparaissent dans les mythes, mais aussi dans les rêves, et peuvent se décliner de multiples façons.

L'intérêt pour notre étude sur les phénomènes prophétiques de cette notion d'archétype est ainsi évident.

L'archétype d'une prophétie va ainsi se manifester sous sa forme ancienne initiale, mentionnée dans les textes qui serviront de référence ... et se manifester ultérieurement à l'identique, ou sous une forme dérivée.

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5. Prophéties et archétypes

Pour mieux comprendre le lien entre prophéties et archétypes, nous allons utiliser un exemple, celui de la destruction du Temple de Jérusalem, le concept de destruction étant par ailleurs abondamment développé dans la Bible.

Jésus commence son discours eschatologique par ces mots :

« Vous regardez tout cela, n'est-ce pas ? A vrai dire, il ne risque pas de rester ici une pierre sur une pierre qui ne soit détruite. » (Matthieu 24.2)

Jésus s'adresse alors aux disciples émerveillés par l'édifice du Temple.

Dans son discours, Il se réfère à une prophétie antérieure ...

« Lorsque vous verrez l'abomination de la désolation annoncée par Daniel le prophète installée dans le lieu saint, que le lecteur comprenne ! » (Matthieu 24.15)

Il vise alors ce qui fut écrit au moins deux siècles auparavant et qui annonçait dans un premier temps la profanation du Temple par Antiochus IV Epiphane vers l'an 168 avant Jésus-Christ.

Mais la prophétie de Daniel rebondit avec Jésus et trouve un second accomplissement en l'an 70 de notre ère lorsque les Romains détruisent le Temple de Jérusalem.

Il s'avère cependant que cette destruction n'a pas été suivie du retour du Seigneur ... comme le laissait entendre Jésus dans son discours eschatologique.

Ce qui permet de considérer que la prophétie de Daniel peut trouver un troisième rebondissement qui transparaît dans un écrit postérieur à la destruction du Temple : l'Apocalypse selon Jean !

6. Archétypes et apocalypse

De tous les livres composant le texte biblique, celui de l'Apocalypse est peut-être le plus baigné dans le domaine du symbolisme et des achétypes.

Une multitude de références aux textes antérieurs, Ancien et Nouveau Testament, viennent alimenter les visions de l'apôtre Jean.

Concernant le Temple, nous relevons ce verset en Apocalypse 11.2 :

« Mais le parvis extérieur au Temple, laisse-le à part et ne le mesure pas, car il a été livré aux nations et elles fouleront aux pieds la cité sainte quarante-deux mois. »

Cette évocation de la spoliation du Temple rappelle un passage des prophéties de Daniel :

« Il prononcera des paroles contre le Très Haut, il opprimera les saints du Très Haut, et il espérera changer les temps et la loi ; et les saints seront livrés entre ses mains pendant un temps, des temps, et la moitié d'un temps. » (Daniel 7.25)

Nous avons vu ci-dessus que Daniel évoquait ainsi la profanation sous Antiochus IV Epiphane ... mais manifestement Jean ravive cette prophétie alors que le Temple n'existe plus depuis sa destruction !

Est-ce à dire que le Temple de Jérusalem doit être reconstruit pour être de nouveau profané ... à moins que la profanation du parvis soit tout simplement le reflet d'un temps à venir où l'espace autrefois dédié au Temple sera livré aux "nations" ?

Mais peut-être vivons-nous cette époque depuis que l'emplacement du Temple est devenu ... l'Esplanade des Mosquées ?

Et cet espace, source permamente de conflits entre Juifs et Musulmans, ne sera-t-il pas mis un jour sous la tutelle de l'O.N.U. ... c'est-à-dire des "Nations" Unies ?

Les hypothèses se bousculent ... se chevauchent ... dépassant largement notre conception du temps.

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7. L'archétype de la destruction

Pour conclure (provisoirement) cette étude, et puisque nous avons ouvert le Livre de l'Apocalypse, il nous semble souhaitable d'élargir le champ de la compréhension du processus des archétypes en élargissant le champ de la destruction.

Nous avons commenté les prophéties relatives à la profanation et à la destruction du Temple ... mais l'Apocalypse évoque de multiples destructions, dont celle-ci :

« Elle est tombée, elle est tombée, la grande Babylone ! Elle est devenue la demeure de démons, le repaire de tout esprit impur, de tout oiseau impur, et elle en fut haïe. » (Apocalypse 18.2)

Lorsque Jean reçut cette vision, la cité de Babylone ne jouait plus guère de rôle dans le monde antique depuis plusieurs siècles.

Le centre du monde méditerranéen, à cette époque, c'est Rome.

Aussi la chute de la "grande Babylone" annonce plutôt le déclin de l'empire romain après les invasions qui commenceront au IVè siècle après Jésus-Christ.

Mais alors pourquoi évoquer Babylone qui n'était pratiquement plus qu'un champ de ruines ?

Parce qu'elle était porteuse d'un symbole de puissance, d'orgueil, souvent dénoncé par les prophètes de l'Ancien Testament.

Mais il faut aussi identifier dans le nom de Babylone une racine commune avec le nom d'un édifice mentionné dans le Livre de la Genèse : "la Tour de Babel".

Aveuglés par l'orgueil, les hommes déclarèrent : « Allons ! Nous nous bâtirons une ville, et une tour avec le sommet dans les cieux, et nous nous ferons un nom ... » (Genèse 11.4)

Mais le seul nom qui règne dans les cieux est celui du Seigneur qui mit fin à cette opération dérisoire.

Babel est l'ancêtre de Babylone, de Rome, et de nombreuses cités qui furent ou sont encore de nos jours le siège d'une puissance économique et financière ... jusqu'au jour de leur déclin !

Babel est l'archétype de l'ambition humaine qui conduit à la destruction.

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